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| M. Pierre Pelou & Mahin
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Genève, Palais des Nations , le 17 Septembre 2002
Réponse de Mahin au discours de M. Pierre Pelou:
Excellences, Mesdames, Messieurs,
Depuis le 11 septembre 2001, date de ma première exposition à l’Office des Nations Unies de Genève, une succession d’évènements douloureux a touché le monde , laissant dans mon cœur et dans ma mémoire, les traces indélébiles de la terreur, de la haine et de la mort.
J’avais pourtant, il y a un an, fait la promesse à Monsieur Pierre Pelou de revenir aujourd’hui porteuse d’amour, d’espoir et de paix. Je le remercie de m’avoir fait confiance, mais lui dis mon regret de n’avoir pu tenir exactement mon engagement. Je sais qu’il m’a déjà pardonnée puisqu’il m’a autorisée à changer de thème et à exposer ce soir mes « Emotions ». Je tiens à le remercier pour la patience et la compréhension dont il a fait preuve à mon égard, à lui dire mon admiration pour la tâche qu’il a accomplie au comité culturel des Nations Unies.
C’est en effet devant l’incapacité de mes sentiments et de mes sens à s’accoutumer aux visions d’horreur, à digérer les messages de haine et à se résigner à la mort annoncée de vieillards, femmes et enfants exécutés sans procès, faute d’être nés dans le camp de l’homme riche, que s’est construite l’exposition que vous allez découvrir.
L’envahisseur craint ces hommes différents qui osent afficher leur refus de se convertir à la religion de l’argent et qui se condamnent à épuiser les ressources de leur cœur et de leur corps pour résister un instant, fugace, à son harcèlement inexorable. Comment donc prêcher la paix lorsque l’ordre mondial souffle la guerre ? Comment affirmer ses différences lorsque celui-ci ne parle que d’unification , de globalisation, d’uniformisation? Comment ne pas crier avec eux, ces combattants du désespoir, faute de pouvoir les embrasser ?
Quel luxe ce serait de pouvoir parler de cette belle paix. Quelle satisfaction d’unir les Nations. Mais où est-il donc, ce monde où les enfants restent encore amis, même après avoir grandi ?
La foi en Dieu, les joies de la famille, les passions de l’amour pour les uns, la hargne de vaincre ou de surmonter les difficultés physiques, économiques ou sociales pour les autres, sont autant de valeurs indispensables à la survie de notre espèce. La force de toutes ces valeurs constitue aussi leur faiblesse. Sans elles, la vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Mais avec elles, menées à l’extrême, le risque existe que folie et mort soient au rendez-vous. Pourtant, leur seule répression ne peut créer les conditions d’une paix durable. Par chance, les hommes qui se nourrissent de ces valeurs ne sont pas prêts d’abdiquer et notre rôle doit être de les conforter pour que leurs énergies prospèrent et convergent vers un idéal commun fondé sur la dignité de l’Homme et le respect d’autrui, afin que cesse l’ingérence intolérable, la convoitise indigne, et l’expansion frénétique des besoins de nos sociétés puissantes.
La gloire de nos nations semblent s’être évanouie aux abîmes de l’Univers, pour avoir laissé place au clonage des esprits et bientôt même des corps. Alors, cherchons ensemble, cet idéal de différence, construisons le s’il le faut et n’omettons pas dans notre aventure d’impliquer nos enfants car ils savent bien mieux que nous, ce que sont le partage, l’amour et le rêve. Donnons leur les moyens de réfléchir et ne gardons pour nous que celui d’exécuter leurs ordres. Regardons les vivre, et acceptons leur exemple. Eux seuls savent encore ce qu’est la paix.
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